Quelles qualités considérez-vous comme indispensables chez un dirigeant aujourd’hui ?

La capacité à écouter véritablement, la cohérence entre les paroles et les actes, ainsi que le courage de prendre des décisions dans des contextes incertains. J’y ajouterais un regard profondément humain : comprendre que les résultats durables arrivent lorsque les personnes se sentent reconnues, écoutées et reliées à une raison d’être.

Quel conseil auriez-vous aimé recevoir au début de votre carrière ?

Que tout ne se résout pas rapidement ni seul. Apprendre à demander de l’aide, à se tromper tôt et à ne pas confondre exigence et dureté envers moi-même aurait rendu le chemin plus conscient… et probablement plus durable.

Quel type de talent recherchez-vous régulièrement lorsque vous constituez des équipes ?

Des personnes curieuses, dotées d’un esprit de développement, capables d’apprendre et de désapprendre, et qui associent excellence professionnelle et générosité humaine. Comme je l’ai lu récemment, le talent qui fait grandir les autres ne s’additionne pas, il se multiplie.

Quelles priorités en matière de talents jugez-vous essentielles pour votre organisation au cours des trois prochaines années ?

Le développement d’un leadership adaptatif, le renforcement des compétences numériques et de l’intelligence artificielle appliquée, ainsi que la poursuite d’une culture de la responsabilité et de l’esprit entrepreneurial sans perdre la proximité. Tout cela doit être relié à la raison d’être et à l’activité, et non traité comme une série d’initiatives isolées.

De quelles initiatives internes êtes-vous particulièrement fier ?

D’avoir transformé la culture en quelque chose de concret, et non en un simple slogan : des programmes comme Growth Week, STADA+ ou In the Shoes of, une attention particulière portée au bien-être et à la santé mentale, ainsi que la mesure de la culture à l’aide d’indicateurs clairs. Tout cela a renforcé le sentiment d’appartenance et la cohérence entre les valeurs et les décisions quotidiennes.

Comment pensez-vous que le leadership évoluera dans les prochaines années ?

Il devra être de moins en moins hiérarchique et de plus en plus orchestrateur. Le dirigeant de demain - et sans doute déjà celui d’aujourd’hui - n’aura pas toutes les réponses, mais créera les conditions permettant à ces réponses d’émerger. Nous passerons d’un leadership fondé sur le contrôle à un leadership fondé sur la confiance.

Quelles compétences les dirigeants de demain devront-ils maîtriser ?

L’intelligence émotionnelle, l’apprentissage continu, la capacité à gérer la complexité, ainsi que la maîtrise du numérique et de l’intelligence artificielle. Mais surtout, la capacité à donner du sens, à relier la stratégie à la raison d’être et à traduire cette relation en actions concrètes.

Qu’est-ce qui vous inspire chez la nouvelle génération de professionnels ?

Son authenticité, son exigence de cohérence et sa facilité naturelle à remettre en question ce qui est établi. Elle nous oblige - dans le meilleur sens du terme - à devenir de meilleurs dirigeants et des organisations plus honnêtes.

Quel livre, film ou référence vous a récemment marqué ?

J’ai récemment lu Digital Minimalism de Cal Newport, un plaidoyer en faveur de la reconquête de notre attention dans un monde toujours plus bruyant et dispersé. Cette lecture m’a amené à changer plusieurs habitudes.

Si vous deviez résumer votre philosophie professionnelle en une phrase, quelle serait-elle ?

« Prendre soin des personnes n’est pas incompatible avec l’exigence de résultats ; c’est la seule manière durable de les obtenir. »

Quel conseil donneriez-vous à un futur dirigeant des ressources humaines ?

Ne jamais perdre le contact avec la réalité quotidienne des personnes, oser remettre en question lorsque cela est nécessaire et se souvenir que les ressources humaines ne sont pas là pour gérer des processus, mais pour activer les talents, la culture et l’avenir.